HISTOIRE
Le Pavillon Saint Martin, situé à Senlis, est une demeure historique dont l’architecture mêle des éléments du XVIIe et XVIIIe siècles. Ancien quartier général du maréchal Foch en 1918, il a joué un rôle clé dans la fin de la Première Guerre mondiale. Transformé au fil des siècles par ses différents propriétaires, il témoigne d’un riche passé marqué par l’histoire militaire et des rénovations prestigieuses.
Son architecture mêle des éléments de différentes époques: le rez-de-chaussée conserve des murs en briques rouges typiques du XVIIe siècle, ce qui témoigne de l’architecture de l’époque, tandis que les étages supérieurs datent du XVIIIe siècle.
La maison a changé de propriétaire à plusieurs reprises. Parmi ses premiers occupants connus figure un certain Monsieur Cancel, fermier général à la fin du XVIIIe siècle, un statut associé à la perception des impôts royaux et souvent à une immense fortune. Il est probable qu'il ait péri sous la guillotine durant la Révolution française. Plus tard, la propriété passe à la famille Bellegarde qui la conserve jusqu'en 1919.

L’un des éléments distinctifs du hall d'entrée est la présence de quatre colonnes soutenant le premier étage, un trait qui pourrait avoir été inspiré par les travaux de l'architecte Claude-Nicolas Ledoux, connu pour son usage de colonnes dans ses constructions.
L’intérieur est marqué par des plafonds remarquablement hauts pour l'époque, avec 4,35 mètres au premier étage et 3,35 mètres au second, ce qui confirme leur construction au XVIIIe siècle.

Durant la Première Guerre mondiale, entre le 15 septembre 1918 et mars 1919, le Pavillon Saint Martin devient le quartier général interallié sous le commandement du maréchal Ferdinand Foch. C'est ici que furent organisées les dernières opérations militaires des Alliés, menant à la signature de l'armistice du 11 novembre 1918. Le maréchal Foch, considéré comme l'un des artisans de cette victoire, prévoyait dès lors que les conditions de paix imposées à l'Allemagne étaient insuffisantes, annonçant prémonitoirement que cet armistice ne serait qu'une trêve de vingt ans avant un nouveau conflit.

La famille Labouret acquiert le pavillon en 1919 et entreprend alors des rénovations majeures, notamment l'installation de boiseries provenant d'un château en Normandie et la conservation de miroirs anciens, témoins du savoir-faire artisanal de l'époque.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la grande maison est occupée par les Allemands, tandis que dans la cave du parc, une certaine Madame Michel cachait des aviateurs britanniques, illustrant ainsi un épisode de résistance locale.
Aujourd'hui, le Pavillon Saint Martin est une propriété privée classée monument historique, proposant des chambres d'hôtes et des événements divers dans un cadre d’exception.
